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S’il existe une machine qui a marqué au fer rouge l’histoire de la moto moderne, c’est bien la Honda CB 500. Souvent surnommée « la moto école » par excellence, elle a pourtant su conquérir bien au-delà des centres de formation. Je vous parle ici d’une alliée fidèle, d’une compagne de route capable de vous emmener au travail chaque matin sous la pluie et de vous faire traverser les Alpes le week-end suivant. La version « S », pour Sport, apporte ce petit supplément de protection qui transforme cette machine basique en une véritable routière polyvalente.
Présentation et historique de la Honda CB 500 S (version carénée)
Apparue quelques années après la version « Naked », la CB 500 S a su répondre à une demande croissante de confort pour les trajets interurbains et les escapades prolongées.
La naissance d’un mythe : de la CB500 « N » à la version « S »
Lancée au début des années 90, la CB500 d’origine (la PC26 puis la PC32) a immédiatement séduit par sa robustesse. C’est en 1998 que Honda décide de commercialiser la version « S ». La principale différence réside dans son semi-carénage fixé au cadre, qui englobe un phare carré typique de l’époque, remplaçant l’optique ronde traditionnelle.
Ce carénage n’était pas qu’esthétique. Il offrait une déviation du flux d’air bienvenue, protégeant le buste du pilote des turbulences. Je me souviens qu’à l’époque, cette modification avait permis à la CB500 de sortir de son étiquette purement urbaine pour aller chasser sur les terres des moyennes cylindrées routières.
Pourquoi cette moto reste une référence pour les jeunes permis A2 et les budgets serrés
Malgré son âge, la CB500S est toujours sous les projecteurs sur le marché de l’occasion. Pourquoi ? Parce qu’elle est nativement compatible avec le permis A2 pour la plupart des modèles, ou très facilement bridable selon l’année de production. Sa simplicité de prise en main rassure immédiatement.
Au-delà de l’apprentissage, c’est l’aspect financier qui prime. Je constate que pour le prix d’un smartphone haut de gamme, vous pouvez acquérir une machine capable de vous transporter durant des années. L’assurance est bon marché, les pneus d’étroite dimension coûtent peu, et sa décote est aujourd’hui quasi inexistante. C’est une moto qui ne perd plus de valeur.
Caractéristiques techniques et performances du moteur bicylindre
Sous son carénage discret, la CB500S cache l’un des moteurs les plus réussis de la firme ailée.
Fiche technique détaillée : puissance, couple et comportement routier

Le cœur de la bête est un bicylindre en ligne de 499 cm³, refroidi par eau. Ce qui frappe dès les premiers tours de roue, c’est sa double personnalité. En dessous de 5 000 tr/min, elle est douce, presque électrique, idéale pour se faufiler en ville. Mais passez la barre des 7 000 tr/min, et elle dévoile un caractère rageur assez surprenant pour sa catégorie.
| Caractéristique | Donnée technique |
| Moteur | Bicylindre en ligne, 4 temps, 8 soupapes |
| Puissance | Env. 58 ch (43 kW) à 9 500 tr/min |
| Couple | 4,7 mkg à 8 000 tr/min |
| Vitesse max | Env. 185 km/h |
| Poids (pleins faits) | Env. 190 kg |
Son comportement routier est sain. Le cadre double berceau en acier offre une rigidité suffisante pour s’amuser sur les petites routes sinueuses. Certes, ce n’est pas une sportive, mais son agilité est telle qu’elle peut en remontrer à bien plus gros qu’elle dans les cols.
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Consommation et autonomie : l’atout économique de la CB500S
Pour moi, la sobriété est l’un des arguments massue de cette Honda. En conduite mixte, il n’est pas rare de descendre sous la barre des 4,5 litres aux 100 km. Avec son réservoir de 18 litres, vous pouvez sereinement envisager des étapes de plus de 300 kilomètres avant de chercher une station-service. C’est un luxe que beaucoup de machines modernes, plus gourmandes, ne permettent plus.
Conduire une Honda CB500S au quotidien : avis et sensations
Vivre avec une CB500S, c’est faire le choix de la raison sans sacrifier le plaisir.
Ergonomie et confort de selle : une routière accessible à tous les gabarits
La position de conduite est naturelle : le dos est droit, les bras tombent naturellement sur le guidon. La hauteur de selle (775 mm) est un véritable atout. Que vous mesuriez 1m60 ou 1m85, vous trouverez vos marques. La version « S » ajoute ce confort acoustique et physique grâce à sa bulle, permettant de maintenir une vitesse de croisière sur autoroute sans avoir à lutter contre le vent.
Fiabilité mécanique : le moteur capable de dépasser les 100 000 km
C’est ici que la légende prend tout son sens. Je ne compte plus les témoignages de propriétaires ayant atteint les 150 000 ou 200 000 kilomètres sans intervention majeure sur le bloc moteur. La CB500S est une « mule ». Tant qu’il y a de l’huile et de l’eau, elle tourne. Cette robustesse exceptionnelle vient d’une conception surdimensionnée pour la puissance qu’elle délivre. C’est une mécanique rassurante : vous savez qu’elle démarrera chaque matin, même après une nuit de gel.
Points de vigilance et entretien d’une CB 500 S d’occasion
Si elle est robuste, elle n’est pas pour autant indestructible. Si vous envisagez d’en acheter une, je vous conseille d’être attentif à certains détails.
Les faiblesses à surveiller avant l’achat : amortisseurs, échappement et corrosion
Voici les points clés à vérifier lors de votre inspection :
- Les amortisseurs arrière : D’origine, ils sont assez médiocres et vieillissent mal. S’ils sont d’époque, ils sont probablement « pompes à vélo ».
- L’échappement : Le collecteur d’origine est très sensible à la rouille. Vérifiez qu’il n’est pas percé ou trop profondément corrodé.
- Le tendeur de chaîne de distribution : Un petit claquement métallique à froid peut indiquer qu’il est temps de le changer (un défaut classique mais peu onéreux à réparer).
- La corrosion du cadre : Regardez bien les soudures au niveau de la béquille et du bras oscillant.

Entretien courant et coût des pièces détachées pour cette moto vintage
L’avantage d’une moto aussi diffusée, c’est la disponibilité des pièces. Que vous alliez chez Honda ou que vous cherchiez de l’adaptable, vous trouverez tout. Mieux encore, la CB500S est la moto idéale pour apprendre la mécanique. Faire sa vidange, changer ses bougies ou nettoyer ses carburateurs est un jeu d’enfant grâce à une accessibilité mécanique exemplaire. Le coût des consommables reste parmi les plus bas du marché.
Personnalisation et accessoires indispensables pour la CB500S
Pour transformer votre « petite » 500 en une voyageuse au long cours, quelques accessoires judicieux feront toute la différence.
Améliorer la protection : bulle haute et carénages
Si vous faites beaucoup d’autoroute, je vous suggère d’investir dans une bulle haute. Elle permet de dévier l’air par-dessus votre casque, réduisant considérablement la fatigue cervicale sur de longs trajets. Certains ajoutent également des bas de carénage pour protéger les jambes, bien que cela devienne plus rare à trouver aujourd’hui.
Équipements de bagagerie pour transformer la CB500S en voyageuse au long cours
La boucle arrière de la CB500S est solide. Vous pouvez facilement y greffer un support de Top Case ou, mieux encore, des supports de valises latérales. J’ai vu des motards parcourir l’Europe entière avec une CB500S ainsi équipée. Pour parfaire la panoplie, une sacoche de réservoir et des poignées chauffantes feront de cette machine une routière infatigable, capable de rivaliser avec des motos trois fois plus chères en termes de services rendus.
