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Le verdict est mitigé : cette nouvelle motorisation hybride de Stellantis montre des promesses techniques intéressantes mais souffre de problèmes de jeunesse préoccupants, particulièrement sur la transmission e-DCS6. Les remplacements de boîte dès 135 km et les multiples rappels lancés depuis 2024 soulèvent des questions légitimes sur sa fiabilité.
Présentation technique et modèles concernés
Évolutions du PureTech 136 hybride
Que change cette nouvelle génération ? Le nouveau bloc 1.2 PureTech bénéficie d’améliorations substantielles par rapport à son prédécesseur.
Concrètement, Stellantis a adopté une chaîne de distribution pour remplacer la courroie humide problématique. Le constructeur a également intégré un turbo à géométrie variable et un cycle Miller pour optimiser la combustion.
Cette évolution représente une rupture technologique visant à corriger les défauts chroniques du moteur précédent. Cela vous permet de bénéficier d’une motorisation théoriquement plus fiable.
Le système hybride 48V intègre un moteur électrique de 28 ch développant 55 Nm de couple. Une batterie d’une capacité brute de 0,9 kWh (0,432 kWh nette) est installée sous le siège conducteur.
Cette architecture permet une hybridation légère qui va au-delà d’une simple micro-hybridation. En pratique, vous pouvez rouler en électrique sur quelques centaines de mètres.
La transmission e-DCS6 : innovation ou casse-tête ?
La transmission e-DCS6 constitue l’élément le plus novateur. Développée en partenariat avec l’équipementier belge Punch Powertrain, elle utilise une architecture interne unique.
Cette conception réduit de 35% les pièces habituellement nécessaires pour une boîte double embrayage conventionnelle. Cela permet d’obtenir 6 rapports contre 4 seulement chez la concurrence Renault E-Tech.
Par exemple, cette simplification devrait théoriquement améliorer la fiabilité. Malheureusement, la réalité terrain raconte une tout autre histoire.
Pour tout savoir sur les performances, consultez fiabilité du moteur 1.0 TCe 100 GPL : guide complet 2025
Gammes Stellantis équipées
Cette motorisation connaît un déploiement massif à travers l’ensemble du groupe Stellantis. Le groupe motopropulseur équipe une grande partie des modèles dans les mois à venir.
| Marque | Modèles équipés | Statut commercialisation |
| Peugeot | 208, 2008, 308, 3008, 408, 5008 | Disponible |
| Citroën | C4, C5 Aircross | Disponible |
| Opel | Corsa, Astra, Grandland | Disponible |
| DS | DS3, DS4 | Disponible |
| Fiat/Alfa/Jeep | 600, Junior, Avenger | Livraisons débutantes |
Cette standardisation présente des avantages certains en termes de disponibilité des pièces et de formation des techniciens. Cependant, elle créerait également un effet domino potentiellement catastrophique en cas de défaut structurel généralisé.
Problèmes de fiabilité et retours utilisateurs
Dysfonctionnements identifiés : le point noir
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Stellantis a rappelé en avril 2024 plus de 14 000 véhicules, puis en août 2024 pour une reprogrammation du calculateur de la boîte e-DCS6.
En octobre 2024, cette campagne s’est étoffée pour inclure 11 823 modèles Peugeot et plusieurs centaines de Citroën, DS et Opel. Ces rappels massifs révèlent l’ampleur du problème.
L’origine des problèmes a été identifiée : l’axe du mécanisme de changement de rapport peut prendre du jeu. En présence des codes défauts P1749 00 et/ou P28EA 62, la solution passe par le remplacement de la boîte de vitesses.
Cette défaillance fondamentale explique la gravité des dysfonctionnements observés. Cela vous expose à des immobilisations complètes et des frais importants.
Les symptômes typiques incluent :
- L’allumage du voyant diagnostic
- L’apparition du message « anomalie boîte de vitesses »
- Des à-coups lors des transitions thermique/électrique
- Des passages de vitesses lents ou erratiques

Témoignages propriétaires : le bon et le moins bon
Les retours terrain révèlent une expérience contrastée. En ville, la 208 hybride peut effectuer 48% du trajet en électrique. La consommation atteint 5,7 L/100 km, un score correct.
Sur route, les performances s’avèrent remarquables avec 4,6 L/100 km. Ce résultat place la motorisation proche de la Toyota Yaris dans ces conditions d’usage.
Cependant, des bruits mécaniques à bas régime peuvent être perçus. Sifflements et petits claquements se manifestent notamment dans les embouteillages. Ce n’est pas dangereux, mais cela nuit à l’agrément.
Plusieurs propriétaires rapportent également des vibrations excessives. Dans les cas les plus graves ? Des immobilisations complètes qui transforment votre trajet quotidien en parcours du combattant.
Pour mieux anticiper les performances, il faut se pencher sur une question essentielle : quelle est la fiabilité du moteur 2.5 Duratec ?
Fiabilité à long terme : l’inquiétude majeure
Voici le point le plus préoccupant : des utilisateurs témoignent de remplacements de la boîte avant 5 000 km. Parfois même à moins de 200 km !
Ces défaillances ultra-précoces constituent un signal d’alarme majeur. D’autant que le problème concerne les modèles fabriqués jusqu’à fin août 2024.
Le manque de recul temporel rend l’évaluation de la fiabilité à long terme particulièrement délicate. Toutefois, la nature des défauts identifiés et leur fréquence d’apparition suggèrent des problèmes de conception plutôt que d’usure normale.
Cela vous place dans une situation d’incertitude quant à la durée de vie de votre véhicule.
Performances et consommations réelles
Consommations ville/route : les chiffres terrain
Les mesures terrain révèlent des performances énergétiques correctes sans être exceptionnelles. La consommation moyenne se situe autour de 6,1 à 6,6 L/100 km.
Ce résultat reste correct mais pas exceptionnel comparé à une Toyota Yaris Hybride ou une Renault Austral E-Tech. En usage urbain, jusqu’à 40% du trajet peut être effectué en mode électrique.
Cette capacité place le système entre la micro-hybridation classique et l’hybridation complète. Cela vous permet de réduire sensiblement vos émissions en ville.
L’autonomie électrique reste néanmoins limitée à quelques centaines de mètres. La petite batterie de 0,9 kWh ne permet pas de longs trajets en mode zéro émission.
Agrément de conduite : les surprises
Paradoxalement pour une hybride, c’est sur route que la motorisation se révèle surprenante. Le surcroît de couple électrique donne au petit PureTech une « pêche » qu’on ne lui avait jamais connue.
Les reprises s’avèrent plus efficaces que ne le laisseraient supposer les 136 ch annoncés. Par rapport au PureTech 130 EAT8 qu’elle remplace, cette motorisation offre une meilleure réactivité.
En pratique, elle élimine le problème de redémarrage trop lent du Stop & Start. Cependant, elle n’atteint pas le niveau de douceur et de fluidité d’une hybridation Toyota.
Comparatif concurrentiel
Toyota : la référence incontournable
Toyota reste la référence en matière de fiabilité hybride. La Toyota Yaris Hybrid 116 est proposée à 23 950 € en finition Design.
Son équipement s’avère supérieur à celui de la Peugeot 208 Hybrid. Surtout, elle bénéficie d’une réputation de fiabilité éprouvée sur plusieurs générations.
Concrètement, Toyota maîtrise l’hybridation depuis plus de 20 ans. Cette expertise se traduit par une fiabilité remarquable et des coûts d’entretien maîtrisés.
Renault E-Tech : l’alternative française
Du côté de Renault, la Clio E-Tech s’impose avec ses 145 ch et sa transmission Multimode à crabots. Bien que plus onéreuse, elle offre des performances supérieures et une architecture technique différente.
Cette motorisation utilise des crabots au lieu d’embrayages, ce qui améliore théoriquement la durabilité. Cela vous offre une alternative française potentiellement plus fiable.
Volkswagen : la maturité thermique
Chez Volkswagen, le 1.0 TSI 115/116 ch se limite à une consommation d’huile chronique. Il reste globalement fiable malgré ce défaut connu.
Le 1.5 TSI 150 représente une maturité technologique remarquable. Sa fiabilité générale s’avère excellente, avec un recul suffisant pour valider sa robustesse.
Positionnement fiabilité : la réalité du terrain
Le Hybrid 136 e-DCS6 se positionne défavorablement dans ce comparatif fiabilité. Si la fiabilité constitue votre critère n°1, regardez du côté des hybrides Toyota ou Renault.

Vous pourriez même opter pour un essence non hybride éprouvé, comme le 1.0 TSI de chez Skoda. Cette motorisation Stellantis pâtit de sa jeunesse technologique et des problèmes de mise au point de la transmission e-DCS6.
Guide pratique d’achat et perspectives
Vérifications avant achat : la check-list indispensable
Si vous envisagez l’achat d’un modèle équipé de cette motorisation, plusieurs vérifications s’imposent :
- Contrôlez l’historique des rappels et mises à jour effectués
- Vérifiez l’absence de codes défauts P1749 00 et/ou P28EA 62
- Testez minutieusement les passages de vitesses lors de l’essai
- Écoutez attentivement les bruits mécaniques à bas régime
Envisagez une extension de garantie jusqu’à 8 ans si vous achetez ce modèle. Cette précaution paraît raisonnable compte tenu des incertitudes actuelles sur la fiabilité à long terme.
Entretien recommandé : les bonnes pratiques
Stellantis a pris des mesures pour corriger les défaillances identifiées. L’entreprise a introduit des révisions dans son processus de fabrication.
Ces modifications visent à éradiquer les causes profondes des défaillances de la boîte e-DCS6. Les améliorations techniques incluent une révision du mécanisme de changement de rapport et l’optimisation du logiciel de gestion.
Cependant, seul le temps permettra de valider l’efficacité de ces corrections. L’entretien reste classique pour la partie thermique.
La complexité du système hybride nécessite un suivi rigoureux par des techniciens formés spécifiquement à cette technologie. La disponibilité des pièces devrait s’améliorer avec la montée en cadence de la production.
